Publié le : 09 juin 20214 mins de lecture

Pour la santé, les conséquences néfastes de l’habitude de fumer sont apparemment encore plus graves qu’on ne le pensait. Le tabac n’affecte pas seulement la santé des fumeurs eux-mêmes. Le tabagisme passif nuit également à la santé des personnes qui se trouvent dans des environnements fermés où il y a des fumeurs mais, d’après ce qui semble ressortir de certaines études récentes, également à la santé des descendants (enfants et petits-enfants) de personnes qui ont fumé pendant des années dans le passé, avant même la naissance des enfants et petits-enfants.

Eviter le tabac lors de grossesse

S’il est bien connu que la mère, pendant la grossesse (et de préférence aussi dans la période précédant une grossesse planifiée), doit s’efforcer de ne pas fumer (et heureusement, l’instinct maternel fait que même les fumeuses les plus avides y parviennent généralement), les pères, en revanche, tout en évitant de fumer en présence d’un nouveau-né ou d’une femme/fille/né enceinte, ne se préoccupent généralement pas de ne pas fumer dans la période précédant la conception.

Impact du tabagisme des parents aux enfants

Les résultats d’une étude présentée lors du dernier congrès de l’European Respiratory Society à Munich ont donc fait froncer les sourcils. Pour la première fois, l’étude a mis en évidence comment les habitudes tabagiques des pères peuvent, même dans les cas où ils ont arrêté de fumer bien avant la conception, affecter négativement la santé respiratoire des futurs enfants, en augmentant leur risque de devenir asthmatiques.

Pour cette étude, dirigée par le Dr Cécile Svanes de l’université de Bergen en Norvège, les chercheurs ont examiné le nombre d’années pendant lesquelles les pères avaient fumé avant la conception, et ont constaté une proportion plus élevée de cas d’asthme chez les enfants nés même des années après que leur père a cessé de fumer.

Incidence de l’asthme

L’incidence de l’asthme était corrélée au nombre d’années pendant lesquelles le parent avait fumé, et était encore plus élevée chez les enfants de pères qui avaient commencé à fumer avant l’âge de 15 ans.

Quant aux grands-mères : une étude portant sur 44 863 partenaires en Suède a examiné la fréquence de l’asthme chez les petits-enfants (et non les enfants) de grands-mères qui avaient fumé pendant leur grossesse, et a constaté que chez les petits-enfants de ces grands-mères, la fréquence des cas d’asthme était augmentée de 10 à 22 %, même si seules les grands-mères, et non les mères, avaient fumé pendant leur grossesse.

Crise d’asthme

Les chercheurs ont émis des hypothèses sur diverses causes possibles, y compris d’éventuelles altérations génétiques, auxquelles les résultats en question pourraient être attribués, sans toutefois parvenir à des conclusions assez sûres.

D’autres études sont maintenant prévues, dont une nouvelle étude, également en Suède, visant à rechercher l’effet sur le risque d’asthme des petits-enfants de grands-mères qui fumaient alors qu’elles portaient non pas les mères mais les pères de ces petits-enfants.

Ainsi, malgré le faible nombre d’études sur le sujet, nous sommes en présence d’une incitation supplémentaire pour nous pousser à arrêter de fumer : il semblerait qu’en fumant, nous mettons en danger non seulement notre propre bonne santé et (avec le tabagisme passif) celle de nos concubins, mais aussi celle de nos enfants, même non encore conçus, et de nos petits-enfants!